DIM 7 OCT : LA MISSION (PAPEETE)

“Ils étaient trente et deux, quand les fusils fleurirent…
Puis trente, qui donnaient leur cœur avant le temps,
Puis vingt et huit étrangers, et nos frères pourtant,
Vingt et huit amoureux de vivre… et de randonner,
Vingt et huit qui criaient “La France”… en s’égayant sur les flancs de la Mission…”.
D’après Aragon…

Donc, nous étions 32 “programmés” pour effectuer la boucle réputée “facile” de la Mission. Un record semble-t-il, mais comme dit Laurent “y a pas de problème, on va gérer tout ça…”. Deux annulations de dernière minute, nous partirons donc à 30. Et, à 8h30, face à la messe dominicale de Maria No Te Hau, à peine surprise de nous voir si nombreux, les Avaeter(r)iens, s’apprêtent à entamer leur chemin de croix sur les hauteurs de la Mission, avec un petit supplément, si affinité, concocté après la reconnaissance de jeudi. Pour éviter de semer le trouble sur les hauteurs du lotissement, nous décidons de partir à pied d’en bas pour éviter de garer nos véhicules en vrac au sommet de la servitude étroite. Les voies du Seigneur, en cet endroit (pieux), sont impénétrables. Dans son immense mansuétude, Avae Tere Tere se plie très volontiers à cette petite formalité.
Après un raide raidillon bitumé, de fort mauvais aloi pour entamer une randonnée, qu’à cela ne tienne, nous voilà à pied d’œuvre de l’autre côté de la chaîne (du purgatoire)… Le temps de se regrouper et d’une photo de groupe (s’il vous plaît, serrez-vous un tantinet, on ne rentre pas tous dans l’objectif…), une véritable sainte cène randonneuse…, et c’est parti.

La première partie a déjà partiellement écorné le moral de la troupe qui s’effiloche durant les premiers hectomètres. Peu avant la Croix, nous nous regroupons pour constater les dégâts et faire le point. Sandrine nous gratifie d’une légère génuflexion qui l’oblige à souffler un peu avant de continuer, non sans nous avoir rassurés sur son état. Quant à Hervé et Virginie, eux sont proches de la pâmoison. Après concertation, ces deux (ap)autres vont bientôt nous abandonner pour redescendre. Virginie gère et nous appellera plus tard pour nous signaler leur retour sans problème. Ainsi, nous ne sommes “plus que” 28 pour poursuivre notre chemin… de croix. Le sentier grimpe. Nous aussi…

Une heure plus tard, nous arrivons auprès des pierres dressées de Pakalala. Le temps de quelques explications et photos, et nous voilà repartis après avoir fait le compte. Tout le monde est là ! Le moral est excellent, malgré le souffle court de certains. Nous progressons désormais plus haut et le large chemin fait place à un sentier étroit qui grimpe, mais alors, qui grimpe. Peu importe, après quelques détours, nous entrevoyons la lumière divine ! Le haut de la crête nous tend les bras. Encore quelques efforts, un peu appuyés pour certain(e)s, et nous arrivons sur notre Golgotha que certains appelleront leur « mont du Calvaire ». C’est ici que nous partagerons le pain et le vin, en fait notre casse-croûte, amplement mérité.

Quelques téméraires osent un dernier sursaut vers l’au-delà… La piste s’insinue désormais vers le Diadème qu’hélas nous ne verrons pas aujourd’hui. Trop loin, et surtout, nous sommes bien trop nombreux. Une vieille corde qui cède sous les coups de boutoir de nos anges déchus, provoquera un retour rapide et sans dommages de la cohorte. Après un repos bien mérité, c’est une descente vertigineuse, non pas aux enfers, mais vers les voitures, qui nous tend les bras. Celle-ci se déroule comme sur des roulettes, malgré les organismes éprouvés. Et peu avant 16h, nous voilà de retour « sur la terre éternelle » où nos véhicules attendent sagement face à la chapelle désertée en ces heures de sieste dominicale…

JP

Photos : Jeanne, Nathalie… D’autres photos devraient être bientôt disponibles sur le blog.

18 réponses sur “DIM 7 OCT : LA MISSION (PAPEETE)”

  1. Y en a plus d’un sur trente et vraiment ils assurent
    Et s’il faut commencer par les coups d’main donnés
    Faudrait pas oublier qu’ca assure sur le sentier
    Les animateurs

    Ils ont un sac à dos
    Plein de trucs rigolos
    Un entrain à toute épreuve
    Pour conduire tout le monde
    Des couteaux pour trancher
    Le pain de l’amitié
    Et des blagues rouillées
    Pour bien s’amuser

    Qu’y en a plus d’un sur trente et pourtant ils assurent
    Et qu’ils se tiennent bien bras dessus bras dessous
    Joyeux et c’est pour ça qu’ils sont toujours debout
    Les animateurs

    1. J’t’adore… Je sens qu’on va encore bien chalalater (et marcher) sur les sentiers cette année. Faudrait tout de même que je me déniche du temps en semaine pour venir un peu avec vous, les « découvreurs du jeudi ». Mais pas sûr que vous me tolériez, et je vous comprends… Biz et bonne semaine à tous !

  2. pour une entrée en matière cette randonnée était parfaite!
    j ai un peu souffert
    mais sans mal on triomphe sans gloire!
    merci à tous pour votre soutien
    et surtout à nos gentils organisateurs
    odile

  3. Ia ora na tatou,
    Bravo et merci JP pour cette prose … de circonstance. Je mettrais néanmoins un bémol à ta dernière phrase concernant les voitures qui nous attendaient « sagement », puisque des petits kaïna de la mission (pas des enfants de chœur pour sûr) avaient dégonflé totalement un pneu de ma Tucson. C’est en tout cas ce qui m’a dit le garagiste, en précisant que c’était assez classique à cet endroit…
    Pas grave, la journée était belle et la compagnie des pénitents agréable.
    A très bientôt !

    1. Cela arrive donc même dans le quartier des saints des saints… Y a plus de jeunesse ! Heureux tous ceux qui font du covoiturage, lorsqu’il ne s’agit pas de leur propre véhicule…

  4. Magnifique jp, tu m’étonnes que les comptes rendus te prennent du temps,c est un plaisir de te lire et de te relire et rien à dire.parfait.A suivre….

  5. Excellent Jean Philippe. Vivement dimanche prochain je ne sais pas qui fera le CR mais va falloir assurer
    Annie a raison, tu m’étonnes que ça te prends du temps
    Bises à ce soir

  6. Merci à tous de vos commentaires… et de vous dire que je ne ferai pas le prochain compte-rendu. On tirera l’heureu(se)x élu(e) à « plouf plouf » à la fin de la randonnée. Celles et ceux qui apporteront des boissons d’après rando seront exempté(e)s… Ça fera encore chalalater tout au long du parcours.

  7. Je découvre à mon tour ce superbe texte de Jean-Philippe. Tout y est, je revis cette rando. Quel talent !

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